Assistant pastoral : de quoi parle-t-on vraiment ?

Un jour, une prédicatrice invitée dans notre église m'a demandé un verre d'eau. Rien de méchant, elle pensait simplement que j'étais là pour ça. Et je te rassure, servir un verre d'eau n'a rien de déshonorant : Jésus a même promis que celui qui en donne un « ne perdra point sa récompense » (Matthieu 10.42). Mais disons que ce n'est pas tout à fait la définition de mon poste.

Si je te raconte ça, c'est parce que le poste d'assistant pastoral est encore très mal connu en France. Chacun y projette ce qu'il imagine, et ce qu'on imagine est rarement juste. Avant de te dire ce que c'est, je te propose de passer par les deux idées reçues que j'entends le plus.

« Il y a déjà une secrétaire, donc c'est bon »

C'est de loin la plus fréquente : les trois quarts des gens pensent que je remplace la secrétaire. Quand nous sommes arrivés dans notre nouvelle église, quelqu'un m'a même dit, très sincèrement, qu'il y avait déjà une secrétaire et que c'était donc réglé !

Je n'ai rien contre les secrétaires, bien au contraire, et les deux postes peuvent tout à fait coexister dans une même église. La différence n'est pas une question de valeur, c'est une question de place. Un secrétariat traite ce qui arrive : le courrier, l'accueil, les inscriptions, les documents à mettre en forme. L'assistant pastoral, lui, travaille aux côtés du pasteur sur l'organisation de l'ensemble : il anticipe, il coordonne, il fait le lien entre le pasteur, les responsables et les bénévoles, et il voit passer des sujets qui demandent une vraie relation de confiance et de confidentialité.

« C'est normal, tu es la femme du pasteur »

Celle-là, je l'entends régulièrement : ce que je fais serait simplement mon rôle d'épouse de pasteur, et j'aurais « juste voulu mettre un nom dessus ».

Il y a une part de vrai, et elle mérite qu'on s'y arrête : beaucoup d'épouses de pasteur portent déjà une partie de cette charge, sans nom, sans cadre, sans formation, et souvent sans que personne mesure ce qu'elles font. Mettre un nom dessus n'est donc pas un caprice. C'est ce qui permet de définir un périmètre, de dire aussi ce qui n'en fait pas partie, et de reconnaître un travail qui, sans ça, reste invisible.

Et surtout, ce poste n'est pas réservé à l'épouse du pasteur. Mon premier poste d'assistante pastorale, ce n'est pas mon statut qui me l'a donné : c'est le pasteur de l'église qui me l'a proposé après avoir pris le temps de voir qui j'étais. Dans beaucoup d'églises, la bonne personne sera quelqu'un d'autre, et c'est très bien ainsi.

Alors, c'est quoi un assistant pastoral ?

Je le résumerais ainsi : c'est une personne qui soutient le pasteur dans l'organisation, l'administration et la coordination de la vie de l'église, pour qu'il puisse se consacrer à ce que Dieu lui a confié. C'est Actes 6 appliqué à notre époque, avec un agenda partagé à la place des tables.

Concrètement, selon les églises, un assistant peut tenir l'agenda partagé avec le pasteur, préparer les réunions et leurs comptes rendus, coordonner les plannings des bénévoles, suivre les dossiers administratifs avec le trésorier (assemblée générale, assurances, reçus fiscaux), organiser les événements, gérer le logiciel de l'église ou relayer les informations aux bonnes personnes. Je te donne ces exemples pour que tu voies de quoi on parle, pas comme une liste à cocher : la répartition varie énormément d'une église à l'autre, et c'est normal.

Ce que l'assistant ne fait pas, en revanche, ne varie pas beaucoup. Il ne décide pas à la place du pasteur, il n'est pas un ancien, et il ne devient pas le conseiller spirituel de l'église. Il porte avec le pasteur, il ne porte pas à sa place.

Le périmètre, ça se décide à deux

Un poste sans contours devient vite un poste sans fin, et la personne qui l'occupe finit par s'épuiser à force de dire oui à tout le monde. Puisque ce poste n'a pas de définition toute faite, c'est à toi et à ton assistant de lui en donner une. Quelques questions suffisent pour commencer :

  1. Qu'est-ce que je veux lui confier, et qu'est-ce que je garde ?

  2. Qui, dans l'église, peut lui demander quelque chose directement ?

  3. À quelles informations a-t-il accès, et lesquelles restent entre nous ?

  4. Quand et comment fait-on le point ensemble ?

Une fois que c'est clair entre vous, présente-le à l'église. Dis qui il est, ce qu'il fait et pour quoi on peut s'adresser à lui. C'est le meilleur moyen d'éviter que chacun projette sa propre idée du poste… et que ton assistant passe ses dimanches à chercher des verres d'eau.

Si tu te dis que ce poste te parle mais que tu ne vois pas qui pourrait l'occuper, lis « Je n'ai personne pour m'aider » : et si la bonne personne était déjà dans ton église ?. Et si tu as déjà cette personne à tes côtés, la Formation Assistant Pastoral l'aidera à prendre sa place avec assurance.

Que Dieu te bénisse,

Camille

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